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Le blog de Philippe Faure

A peine deux semaines que notre saison 2010 / 2011 fut révélée. A l'évidence chacun a pris conscience que le temps était venu où il convenait de rendre au théâtre tout son sens.

 
Nous vivons avec un monde "d'égarements" et le théâtre n'échappe pas à ces facilités. Une maison comme la nôtre n'a évidemment de sens que si chacun (le peuple) sent que s'y crée du désir. Sans désir, rien n'existe. Que si de l'énergie s'y fabrique. Artisanalement, loin de tout subterfuge. Que de la générosité s'y invente en permanence. Alors ces élans, ces libertés ouvrent des horizons, changent les couleurs du temps, libèrent nos imaginations, surprennent nos habitudes.

 

Vous attendez nos saisons avec impatience et nous-mêmes vous attendons avec impatience. Entre vous et nous, il y a "l'impatience d'aimer". Il ne s'agit pas d'amour tendre mais d'amour révolutionnaire. Car là où est le peuple rassemblé, non seulement l'avenir nous fait moins peur mais au contraire l'avenir nous redonne "du corps".

 

Il y a une grande responsabilité morale à animer un théâtre, mais il y a aussi une grande responsabilité à choisir de partager l'aventure. Au fond, le théâtre fait de nous tous des êtres responsables. Comme si en pénétrant dans cette maison, toute idée de tricherie, d'égoïsme, de prétention s'écartaient d'elles-mêmes. Dans la maison du peuple, il n'y a de la place que pour les idées et les sentiments qui font grandir.

 

Philippe Faure

07
juin

Merci

posté par : Philippe Faure

A peine une semaine après la présentation de saison, il y a de quoi se réjouir. Les "retours" de la fête m'enchantent. L'idée de "la Maison du peuple" a été superbement reçue et comprise. Chacun a bien senti qu'il n'y avait là aucune stratégie démagogique. J'aime cette idée que notre maison appartienne au peuple. C'est à lui (le peuple) à la faire vivre. Nous (l'équipe) l'accompagnons solidairement dans l'utopie ainsi créée. Trop de solitude de tous les côtés. Trop de mépris ici et là. Trop de lâcheté, d'égoïsme. Il est grand temps de ressusciter les symboles qui ont construit les victoires d'hier.

 

La mondialisation (c'est ainsi que l'on dit) a créé des injustices inouïes. Il convient de réinventer ce territoire propice qu'est le théâtre, où chacun a sa place, où chacun partage l'art vivant comme on partage des confidences, des révélations, des colères, des fous rires, des admirations. C'est un lieu éminemment politique en ce sens qu'il révèle la société à elle-même. D'une certaine manière, le théâtre nous suggère, parfois nomme ce que nous sommes. Il nous rend à la vérité, à notre vérité.

 

Évidemment, l'épisode de la "photo de l'utopie" (la vidéo de cet événement est une "une" du site) fut un moment assez vertigineux et foutraque. Pourtant cet happening dit bien la nécessité du rassemblement,la force d'être ensemble, de vivre l'utopie. Car l'utopie est une matière vivante. Ce n'est pas un concept. C'est un engagement.

 

Il y a une telle fatigue à subir, que la révolte devient évidente. Engageons-nous de toutes nos forces pour que vive une idée généreuse de l'art vivant. Il semble seulement après ces quelques jours que le peuple ait décidé "d'envahir" sa maison. Jamais envahissement ne fut plus beau. Oui, plus que jamais, j'ai la conviction intime et profonde que notre devoir est de "comprendre plutôt qu'avoir raison", comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire.

 

Ce soir-là, j'ai été particulièrement touché par la modestie, l'énergie et la poésie des équipes qui vont se succéder sur notre plateau : une sorte de liberté de ton les réunissait. Du coup, tout fut léger. Point de grands discours, de choses sues, de leçons données. Simplement le plaisir d'être des artisans facétieux, consciencieux et responsables de leur art. Bel horizon qu'ils nous ont laissé deviner.

 

Mention spéciale à Georges Képénékian, célèbre chirurgien, adjoint à la Culture de la ville de Lyon, qui participe à la fête avec ce qui fait son charme et sa valeur : son humanisme.

 

Pour finir sur les "retours" de cette présentation de saison qui restera "mémorable", un seul mot s'impose : Merci. Merci à tous et à chacun de croire que tout reste possible. Pour peu que l'on abandonne préjugés et malignité, narcissisme et prétention. Pour peu que l'on ouvre les bras pour une étreinte encore inconnue : l'autre.

 

Philippe Faure

Mardi matin, lendemain de présentation de saison. Quelques heures avant un départ pour Paris.

 

Que dire de la soirée d'hier au soir ? D'abord que peut-être nous n'avons jamais eu autant de monde à une présentation. Salle archipleine et beaucoup de gens qui n'ont pu rentrer, se contentant seulement de prendre le programme de saison. Ce succès est le signe d'une fidélité et d'une affection sidérante. Non seulement il n'y a pas d'usure mais j'ai eu le sentiment hier au soir d'une sorte de plénitude dans les rapports entre l'équipe du théâtre et le public.

 

Évidemment, je n'ai pu m'empêcher de commencer la présentation de saison par une sorte de "happening" à propos des différents ministres de la Culture que j'ai eu à connaître et en projetant sur l'écran les différents états dans lesquels les uns et les autres m'ont mis (une fois en petit rat de l'opéra, une fois un Superman, une fois en père noël, etc.). Ce fut assez délirant.

 

Ensuite est venu le temps avant de parler des spectacles, où j'ai formulé cette proposition de "maison du peuple" et d'utopie. Je crois que cette évolution, cette sorte de refondation a été parfaitement comprise et admise mais de cette refondation, vous trouverez tous les éléments dans le programme de saison que nous avons conçu comme une sorte de cahier intime.

 

Ensuite, j'ai dialogué avec les différentes équipes qui vont occuper le plateau du Théâtre de la Croix-Rousse. Sans rentrer dans les détails je dois dire que j'ai rencontré des équipes pleines d'énergie, de fantaisie, de désir, des équipes profondément heureuses "de faire du théâtre". De Sami Frey au Cirque Hirsute en passant par Zabou Breitman jusqu'à Laurent Pelly et les autres, toutes ces propositions regorgent de vie, j'allais presque dire d'allégresse.

 

Bien sûr, au milieu de cette présentation, il y eut l'intervention grave et bouleversante de René Gonzalez (directeur du Théâtre Vidy-Lausanne, l'un des plus innovants théâtres d'Europe) qui a longuement réfléchi sur la notion de Maison du peuple, nous félicitant avec une certaine solennité de cette remise en question, cela lui rappelant le temps où Vilar dirigeait le TNP (René Gonzalez ayant dirigé plusieurs grandes maison, l'Opéra Bastille, la Maison de la Culture de Bobigny, le Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis,… et maintenant le Théâtre Vidy-Lausanne). Cet homme c'est donc un homme de terrain et d'expérience, qui s'est réjoui de l'aventure du Théâtre de la Croix-Rousse.

 

Mais le bouquet de cette présentation fut le moment où je proposais à tout le public de venir s'adosser à la façade du théâtre en une sorte de peuple rassemblé, chacun ayant des pancartes comme s'il s'agissait d'une vraie manifestation. En effet, j'avais décidé de photographier "la manifestation de l'utopie". Pour cette photo, nous avions érigé une tour au bout de la place, de 5 mètres de haut, de sorte que photographes et cameramen puissent prendre une vue d'ensemble de cette manifestation. Ce fut un moment extrêmement poétique, totalement investi par les uns et les autres, plein de fantaisie et je dois dire que le photo de cette manifestation, qui sera dès aujourd'hui en une sur le site, est extraordinaire de tendresse, de couleurs et d'inattendus.

 

Oui, plus que jamais, je crois que le théâtre appartient au peuple, l'utopie aussi appartient au peuple et au fond ce que nous avons essayé de faire hier au soir n'est ni plus ni moins que de rendre au peuple ce qui lui appartient. En résumé, soirée d'une profonde humanité où chacun était heureux d'être ensemble : artistes, public, équipe du théâtre, techniciens, ouvreurs…

 

Dès aujourd'hui nous mettons en place notre nouveau site, sur lequel une équipe travaille depuis plusieurs mois. Nous avons voulu qu'il soit inventif, ludique, bourré de petites vidéos, engendrant des liens permanents entre les rubriques, quasiment comme un hebdomadaire où chaque jour les actualités qui touchent de près le théâtre seront exploitées et développées. N'hésitez pas à nous faire part de votre sentiment sur ce nouveau site.

 

Voilà, tout est dit sur la présentation de saison. Toutes les bases sont posées. Maintenant tout reste à faire. Mais je voudrais profiter de cette première intervention dans mon blog pour dire combien je suis touché par la confiance, l'attention et l'affection de milliers de gens qui ont fait du Théâtre de la Croix-Rousse "leur maison" et qui savent qu'ici on préfère donner que prendre, aimer que mépriser, inventer que radoter, comprendre qu'avoir raison, se réjouir que de se morfondre.

 

Chers amis, l'utopie est en marche.

 

Philippe Faure

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