édito

édito

20.21
un monde à imaginer

On parle beaucoup du « monde d’après » qui devrait naître de la crise que nous traversons. Cette crise change notre regard sur ce qui nous entoure et fait évoluer certains de nos choix*. Mais plutôt que de faire table rase, nous pensons qu’il faut s’appuyer sur notre richesse collective et laisser le pouvoir à l’imagination. Nous avons choisi de petites sphères, comme autant de figures de notre planète, pour symboliser notre nouvelle saison. De petits mondes, singuliers, différents par la taille, la matière, la couleur mais qui, juxtaposés, s’additionnent pour former une image. Ces petites sphères racontent pour nous une manière d’imaginer le monde.

Nous aurions pu écrire «un monde à recomposer» tant les artistes que nous invitons posent avec engagement des questions sociétales et politiques qui nous préoccupent. Nous aurions pu écrire «un monde à redessiner» car beaucoup de spectacles que nous présenterons s’emparent des arts plastiques pour les mettre en scène et faire dialoguer les arts. Nous aurions pu écrire «un monde à réenchanter» parce que notre marque de fabrique à La Croix-Rousse, c’est le spectacle musical et c’est la joie de vivre. Nous avons préféré mettre de côté tous ces préfixes en «re» qui sonnent pour nous comme une injonction un peu trop facile.

Nous avons écrit « un monde à imaginer ». Tout simplement. C’est ce que nous avons voulu faire depuis 10 ans au Théâtre de la Croix-Rousse. Cette saison sera notre dernière. Nous profitons de cet édito pour vous remercier de la confiance que vous nous avez faite en fréquentant nombreux, enthousiastes et critiques, notre Théâtre. Et nous vous invitons, encore une fois, à imaginer avec nous, en toute liberté.

Jean Lacornerie et Anne Meillon

*Nous renonçons par exemple à publier une brochure au profit de dépliants plus légers pour vous informer régulièrement tout au long de l’année.