17 / 29 novembre 2009

sous l'oeil d'oedipe

« Tu ne sais rien encore des malheurs qui arrivent, ils t’apprendront qui tu es et qui sont tes enfants. »

Sous l’œil d’Œdipe, c’est la tentative de retracer, en un même texte et pour un même soir, le destin sanglant des enfants de la maison de Labdacos, et si je me suis lancé dans cette aventure c’est pour comprendre, mais de l’intérieur, ce qu’est une malédiction. Je le fais, avec pour matériaux premiers et parfois contradictoires, ceux de Sophocle et Euripide, mais aussi à la lumière d’un poème, Ismène, que l’on doit à un autre Grec, contemporain lui, Ritsos, et qui a prêté sa langue à l’unique survivante du clan. C’est donc guidé par la main de cette sœur, au rôle si souvent secondaire qu’il est parfois oublié, que je suis entré dans le palais interdit.
Joël Jouanneau

Lorsque Laïos tombe éperdument amoureux d’un jeune garçon et l’enlève, il ne peut imaginer la gravité de son acte et l’effroyable malédiction qui le frappera, bouleversant ainsi le destin de toute sa descendance : s’il a un fils, celui-ci le tuera et épousera sa mère. Ce fils n’est autre qu’Œdipe, abandonné à sa naissance, élevé par d’autres parents et ignorant ses origines. Mais la prophétie doit s’accomplir : au cours d’un voyage, il rencontre Laïos et le tue sans même connaître son identité. Il épouse la veuve du roi, Jocaste, qui n’est autre que sa mère, après avoir libéré Thèbes de la domination du Sphinx. De cette union incestueuse naissent Polynice, Etéocle, Antigone et Ismène. Quelque temps plus tard, la peste s’abat sur la cité et l’oracle déclare : « Il faut expulser de la ville le meurtrier de Laïos ! »...