Un amour révolutionnaire
A peine deux semaines que notre saison 2010 / 2011 fut révélée. A l'évidence chacun a pris conscience que le temps était venu où il convenait de rendre au théâtre tout son sens.
Nous vivons avec un monde "d'égarements" et le théâtre n'échappe pas à ces facilités. Une maison comme la nôtre n'a évidemment de sens que si chacun (le peuple) sent que s'y crée du désir. Sans désir, rien n'existe. Que si de l'énergie s'y fabrique. Artisanalement, loin de tout subterfuge. Que de la générosité s'y invente en permanence. Alors ces élans, ces libertés ouvrent des horizons, changent les couleurs du temps, libèrent nos imaginations, surprennent nos habitudes.
Vous attendez nos saisons avec impatience et nous-mêmes vous attendons avec impatience. Entre vous et nous, il y a "l'impatience d'aimer". Il ne s'agit pas d'amour tendre mais d'amour révolutionnaire. Car là où est le peuple rassemblé, non seulement l'avenir nous fait moins peur mais au contraire l'avenir nous redonne "du corps".
Il y a une grande responsabilité morale à animer un théâtre, mais il y a aussi une grande responsabilité à choisir de partager l'aventure. Au fond, le théâtre fait de nous tous des êtres responsables. Comme si en pénétrant dans cette maison, toute idée de tricherie, d'égoïsme, de prétention s'écartaient d'elles-mêmes. Dans la maison du peuple, il n'y a de la place que pour les idées et les sentiments qui font grandir.
Philippe Faure




