Merci
A peine une semaine après la présentation de saison, il y a de quoi se réjouir. Les "retours" de la fête m'enchantent. L'idée de "la Maison du peuple" a été superbement reçue et comprise. Chacun a bien senti qu'il n'y avait là aucune stratégie démagogique. J'aime cette idée que notre maison appartienne au peuple. C'est à lui (le peuple) à la faire vivre. Nous (l'équipe) l'accompagnons solidairement dans l'utopie ainsi créée. Trop de solitude de tous les côtés. Trop de mépris ici et là. Trop de lâcheté, d'égoïsme. Il est grand temps de ressusciter les symboles qui ont construit les victoires d'hier.
La mondialisation (c'est ainsi que l'on dit) a créé des injustices inouïes. Il convient de réinventer ce territoire propice qu'est le théâtre, où chacun a sa place, où chacun partage l'art vivant comme on partage des confidences, des révélations, des colères, des fous rires, des admirations. C'est un lieu éminemment politique en ce sens qu'il révèle la société à elle-même. D'une certaine manière, le théâtre nous suggère, parfois nomme ce que nous sommes. Il nous rend à la vérité, à notre vérité.
Évidemment, l'épisode de la "photo de l'utopie" (la vidéo de cet événement est une "une" du site) fut un moment assez vertigineux et foutraque. Pourtant cet happening dit bien la nécessité du rassemblement,la force d'être ensemble, de vivre l'utopie. Car l'utopie est une matière vivante. Ce n'est pas un concept. C'est un engagement.
Il y a une telle fatigue à subir, que la révolte devient évidente. Engageons-nous de toutes nos forces pour que vive une idée généreuse de l'art vivant. Il semble seulement après ces quelques jours que le peuple ait décidé "d'envahir" sa maison. Jamais envahissement ne fut plus beau. Oui, plus que jamais, j'ai la conviction intime et profonde que notre devoir est de "comprendre plutôt qu'avoir raison", comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire.
Ce soir-là, j'ai été particulièrement touché par la modestie, l'énergie et la poésie des équipes qui vont se succéder sur notre plateau : une sorte de liberté de ton les réunissait. Du coup, tout fut léger. Point de grands discours, de choses sues, de leçons données. Simplement le plaisir d'être des artisans facétieux, consciencieux et responsables de leur art. Bel horizon qu'ils nous ont laissé deviner.
Mention spéciale à Georges Képénékian, célèbre chirurgien, adjoint à la Culture de la ville de Lyon, qui participe à la fête avec ce qui fait son charme et sa valeur : son humanisme.
Pour finir sur les "retours" de cette présentation de saison qui restera "mémorable", un seul mot s'impose : Merci. Merci à tous et à chacun de croire que tout reste possible. Pour peu que l'on abandonne préjugés et malignité, narcissisme et prétention. Pour peu que l'on ouvre les bras pour une étreinte encore inconnue : l'autre.
Philippe Faure




