A partir de l’œuvre foisonnante d’Antoine Volodine, la jeune compagnie Haut et Court a imaginé une grande épopée théâtrale, fantastique et onirique dont elle présente ici le premier volet. Rêverie d’une incroyable beauté, Des Anges mineurs (acte 1) est un objet plastique et poétique comme il en existe peu sur les planches. Porter la sciencefiction au théâtre, il fallait oser. Le jeu en valait la chandelle...

« Tout cela se passe bien longtemps après la fin de la civilisation. Sur fond d’intrigue politique et de chasse au capitalisme. Les histoires s’entrecroisent pour broder un monde onirique qui pourrait bien être le nôtre », écrit Joris Mathieu. Ces histoires-là, tableaux troublants et irréels, ce sont les anges, témoins, passeurs, émissaires, qui les racontent. L’univers de Volodine - lauréat, entre autres, du Prix du Livre Inter en 2000 pour cette œuvre - est complexe et fascinant, à la lisière du fantastique, du surréalisme et de la fiction politique. De ces paysages désolés, de ces fables futuristes, émergent une galerie de personnages incroyables : Will Scheidmann, le prophète, Enzo, le régleur de larmes, Sophie Gironde, l’accoucheuse d’ourses... Rêve éveillé, le travail de la compagnie séduit, de la performance des comédiens à l’esthétique bouleversante des images et de l’atmosphère recréées par leur dispositif innovant. Il paraît que chaque histoire racontée par les personnages fait reculer la mort d’une journée... Elle nous porte en tout cas chaque fois un peu plus loin, vers cet ailleurs que peuvent être la poésie, l’étrangeté et la surprise.